Stabilité politique et urgence électorale : la position de MPH

Stabilité politique et urgence électorale : la position de MPH

Depuis plusieurs années, Haïti traverse une crise politique profonde, marquée par l’absence d’élections, l’effritement des institutions et une insécurité généralisée. À l’approche du 7 février, date hautement symbolique dans notre histoire constitutionnelle, une question centrale se pose : quelle décision prendre pour permettre au pays de retourner le plus rapidement possible à l’ordre démocratique ?

Pour MPH, la priorité est claire : les élections.
Non pas demain comme slogan, mais dans les faits, avec des conditions minimales de crédibilité, de sécurité et de transparence.

La continuité comme choix de responsabilité

Dans ce contexte fragile, MPH estime que la continuité du Premier ministre actuel, Alix Didier Fils-Aimé, constitue aujourd’hui l’option la plus responsable et la moins risquée pour accélérer l’organisation des élections.

Cette position ne relève ni d’un soutien personnel, ni d’une adhésion aveugle à un gouvernement. Elle repose sur un constat simple :
chaque rupture institutionnelle majeure retarde davantage le retour à la souveraineté populaire.

Changer de Premier ministre à ce stade critique impliquerait :

  • de nouvelles négociations politiques,
  • des recompositions gouvernementales,
  • des délais administratifs,
  • et inévitablement, un glissement du calendrier électoral.

Or, Haïti n’a plus le luxe de perdre du temps.

La stabilité administrative : une condition des élections

Organiser des élections n’est pas un acte symbolique, mais un processus lourd qui exige :

  • une coordination avec les partenaires nationaux et internationaux,
  • la mobilisation de ressources financières,
  • une planification sécuritaire,
  • la mise en place d’un appareil électoral fonctionnel.

Dans un État fragilisé, la stabilité administrative, même imparfaite, est préférable à une instabilité permanente.
La continuité gouvernementale permet de préserver les dossiers en cours, d’éviter les blocages et de maintenir un minimum de cohérence dans l’action publique.

Continuité ne signifie pas chèque en blanc

MPH tient à être clair : la continuité ne peut être ni indéfinie, ni inconditionnelle.

Elle doit s’inscrire dans un cadre strict, comprenant notamment :

  • un calendrier électoral public et réaliste,
  • des engagements écrits de l’exécutif en faveur des élections,
  • des mécanismes de suivi et de transparence,
  • une limitation claire dans le temps de la transition.

La continuité n’a de sens que si elle sert un objectif précis : remettre le pouvoir entre les mains du peuple haïtien.

Le peuple comme seule source de légitimité

MPH réaffirme une conviction fondamentale :

La légitimité politique en Haïti ne viendra ni d’un Conseil, ni d’un gouvernement de transition, mais du peuple, par les urnes.

Le débat ne doit donc pas se réduire à des luttes de postes ou de personnes, mais se concentrer sur une seule question : quelle décision nous rapproche réellement des élections ?

Dans les circonstances actuelles, maintenir la continuité du Premier ministre, sous conditions strictes et avec un horizon électoral clair, apparaît comme le chemin le plus court — et le moins dangereux — vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel.

MPH fait le choix du pragmatisme, de la responsabilité et de l’intérêt national.
Notre position n’est pas celle du confort politique, mais celle de l’urgence démocratique.

Haïti n’a pas besoin d’une transition de plus.
Haïti a besoin d’élections.

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